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21
décembre 2004 |
Assemblée
nationale |
Question
orale n° 997 de M. Mignon relative
à l'amélioration des infrastructures routières en Seine-et-Marne |
Première séance du mardi 21 décembre 2004
108e séance de la session ordinaire 2004-2005
PRÉSIDENCE DE M. MAURICE LEROY,
vice-président
[…]
AMÉLIORATION DES INFRASTRUCTURES ROUTIÈRES EN SEINE-ET-MARNE
M. le président. La parole est à M. Jean-Claude
Mignon, pour exposer sa question, n° 997, relative à l'amélioration des
infrastructures routières en Seine-et-Marne.
M. Jean-Claude Mignon. Vaste sujet !
Monsieur le secrétaire
d'État aux transports et à la mer, je vais essayer de poser, moi aussi, une
bonne question, et j'espère qu'il en ira de même de la réponse.
Le viaduc de Millau
illustre brillamment le rôle des infrastructures de transport dans le
développement des territoires et leur essor économique. Trois années de
construction ont permis la mise en œuvre de cet ouvrage exceptionnel.
Malheureusement, tous les territoires ne bénéficient pas du même dynamisme.
Cinq années d'études sur l'agglomération melunaise restent à ce jour sans effet.
L'agglomération melunaise
connaît, depuis près de trente ans, de graves difficultés liées à
l'insuffisance des infrastructures routières. Après de nombreux débats,
discussions, atermoiements, après l'élaboration de notre plan de déplacements
urbains, j'ai proposé et obtenu la mise en œuvre d'une procédure de
voirie d'agglomération, ce qui a permis, le 10 février 2000, aux élus
locaux et aux services de l'État de décider l'élaboration d'un nouveau schéma
de voirie de l'agglomération melunaise pour répondre aux besoins actuels et
futurs.
Cette démarche novatrice,
la première en Ile-de-France, a redonné confiance aux élus. J'y ai placé
beaucoup d'espoirs, espoirs partagés par l'ensemble des élus, toutes tendances
politiques confondues. Il s'agissait de reprendre les réflexions antérieures,
de confronter les points de vue, d'identifier les besoins, d'évaluer les
solutions. Tout cela a été effectué avec méthode et rigueur. Toutefois, depuis
plus d'un an, et plus précisément depuis les dernières élections régionales et
cantonales, aucun comité de pilotage n'a été réuni par l'État. Le dossier de
concertation est toujours en phase d'élaboration, malgré l'affirmation des
services de l'équipement lors du comité de pilotage du 3 décembre 2003,
d'engager la concertation publique pour la fin de l'année 2004. Le
contournement routier de l'agglomération melunaise est une infrastructure
indispensable au développement social et économique et ce nouveau retard est
très préjudiciable. L'avenir de notre agglomération passe par la desserte de
ces zones d'activités, génératrices d'emplois et de richesses, et le
désenclavement de ses quartiers d'habitat social dans le cadre de la vaste
politique de renouvellement urbain que nous sommes en train d'élaborer avec
votre collègue Jean-Louis Borloo.
À cette importante
question, s'ajoute celle du déplacement du péage des Eprunes sur l'autoroute
A5. Cette autoroute est sous-utilisée du fait d'un péage mal implanté, ce que
nous savions depuis le départ. Son déplacement au sud-est de Montereau-Fault-Yonne
et de son agglomération permettrait un meilleur usage de la route nationale 36
et, surtout, de la route nationale 105 très encombrée, alors que l'autoroute
parallèle à cette voie est sous-utilisée. De plus, cette proposition offrirait
une alternative attractive à l'autoroute A6, plus au sud, par le barreau
autoroutier A19. Certes, ce déplacement a un coût, mais ses avantages, tant sur
le plan de la sécurité routière - dont j'ai cru comprendre que c'était l'une
des priorités du Gouvernement - que de la fluidité de la circulation, sont
déterminants.
Monsieur le secrétaire
d'État, combien de temps allons-nous devoir encore attendre avant qu'enfin,
l'agglomération chef-lieu du département de Seine-et-Marne puisse, au même
titre que la plupart des autres grandes agglomérations françaises, disposer de
sa voie de contournement ?
Monsieur le secrétaire
d'État, combien de questions devrai-je encore poser dans cet hémicycle, combien
de questions écrites devrai-je envoyer à votre ministère, combien de
discussions devrai-je avoir dans les couloirs de cette assemblée avant qu'enfin
on nous écoute et qu'enfin nous obtenions des réponses qui ne soient pas
technocratiques !
J'espère, monsieur le
secrétaire d'État, que ma question était de qualité. J'attends avec impatience
votre réponse. Je vous dirai, ensuite, ce que je peux en penser.
M. le président. La parole est à M. le
secrétaire d'État aux transports et à la mer.
M. François
Goulard,
secrétaire d'État aux transports et à la mer. Monsieur le député Jean-Claude Mignon, en effet,
votre question est très pertinente. J'espère que vous écouterez ma réponse avec
indulgence !
Vous évoquez les
difficultés de circulation dans l'agglomération de Melun, que personne ne peut
nier. Le schéma directeur de la région Ile-de-France prévoit un contournement
nord-ouest de l'agglomération, projet qui pourrait d'ailleurs s'intégrer à long
terme dans une quatrième rocade de l'Ile-de-France joignant les autoroutes A1,
A4, A5 et A6.
Ce contournement devrait
permettre de relier les autoroutes A5 et A6 via une déviation nord-ouest
de Melun, un nouveau franchissement de la Seine et une déviation de
Saint-Fargeau-Ponthierry. Mais face aux questions soulevées par la difficile
acceptabilité de ce projet, une mise à plat de l'ensemble des problèmes de
circulation a conduit, et vous l'avez rappelé, à opter pour l'élaboration d'un
schéma d'ensemble dans le cadre d'un dossier de voirie d'agglomération en 2000.
Vous l'avez également précisé, cette démarche a pour objectif de spécifier les
caractéristiques des voiries structurantes à réaliser à terme, ainsi que leur
maîtrise d'ouvrage. Ce schéma a été validé il y a un an. À ce jour le dossier
de concertation est prêt. Cependant, cette démarche rencontre celle, plus
générale, lancée par la loi du 13 août 2004 sur le transfert des routes
nationales d'intérêt local pour laquelle les discussions avec les départements
sont maintenant engagées. C'est pourquoi - et j'ai bien compris votre impatience
- il a paru opportun d'attendre l'aboutissement, à horizon de quelques mois, de
ces discussions et notamment le décret fixant la liste des itinéraires
d'intérêt national ou européen constituant le réseau national pour lancer la
concertation spécifique à Melun. Cette concertation s'intégrera dans la
procédure de révision du schéma directeur de la région Ile-de-France.
Vous évoquez par ailleurs
le déplacement du péage des Eprunes sur l'A5. La réponse à cette question
nécessite de mener une réflexion globale. En effet, le dispositif
d'exploitation de l'A5, en particulier l'implantation de ses barrières de
péage, présente une cohérence d'ensemble visant à conjuguer au mieux les
intérêts, parfois contradictoires, entre les usagers et les territoires
traversés tout en préservant l'équilibre financier de la société
concessionnaire, la Société des Autoroutes Paris-Rhin-Rhône. La perte de
recettes résultant de la suppression du péage, et donc de la mise en gratuité
de la section de l'A5 entre les Eprunes et Montereau-Fault-Yonne, constituerait
un préjudice financier certain pour cette société d'autoroutes qui devrait être
compensé par les collectivités territoriales à l'origine de cette demande. En
outre, cette indemnisation mettrait en jeu des montants d'une telle ampleur
qu'une analyse comparative, en termes de coûts et d'avantages, serait
indispensable pour démontrer la validité de ce choix.
Pour ces raisons, il nous
semble aujourd'hui préférable de réfléchir à une meilleure politique
commerciale de la société concessionnaire et à des possibilités offertes en
matière d'abonnements pour les usagers.
Telles sont, monsieur le
député, les précisions que je souhaitais vous donner. Je crains toutefois
qu'elles n'apportent pas une réponse définitive à vos nombreuses questions.
M. le président. La parole est à M. Jean-Claude
Mignon.
M. Jean-Claude Mignon. Monsieur le secrétaire d'État, et, si je peux me permettre,
cher François, permettez-moi de vous parler franchement. Ces séances des
questions orales sans débat du mardi matin sont importantes pour les députés.
Nous parcourons, les uns et les autres, des kilomètres pour y participer et
poser des questions précises. Il est bien évident que ce type de réponse ne
peut pas nous convenir. Nous sommes en droit d'attendre autre chose ! De
nombreux députés pensent comme moi : il conviendrait d'éviter que cela se
reproduise à l'avenir. Il suffirait, en effet, que je me rende à la direction
départementale de l'équipement de Melun pour obtenir la même réponse. Et si je
prends ma voiture, si je fais deux heures de route, c'est pour entendre autre
chose.
Nous savons attendre et
nous faisons preuve de beaucoup de patience. Mais, concernant le dossier de voirie
d'agglomération - le DVA - de Melun, nous ne pouvons plus attendre ! Ce
chef-lieu de département est en train de mourir tout doucement parce que nous
sommes, les uns et les autres, incapables de veiller à la mise en place
d'infrastructures routières et autoroutières propres à favoriser l'installation
d'entreprises !
S'agissant du déplacement
du péage des Eprunes, l'autoroute A5 existe, mais n'est pratiquement pas
utilisée. En revanche, la RN 105, parallèle à cette autoroute, est encombrée.
Des villages sont totalement asphyxiés. Ils ne demandent qu'une seule chose,
aujourd'hui : que les véhicules lourds utilisent l'autoroute A5 ! Il
faut également inciter les gens, qui se dirigent vers le nord de
l'agglomération francilienne, à emprunter l'autoroute A5, puis l'autoroute A4.
Cela désengorgerait également l'autoroute A6, gratuite, à hauteur de la
barrière de péage de Fleury-en-Bière. Actuellement, en effet, tous les
véhicules lourds continuent à emprunter l'autoroute A6 pour sortir au sud de
l'agglomération melunaise. Cela provoque des embouteillages monstres, source de
graves nuisances pour les communes situées dans le parc naturel régional du
Gâtinais ! Prenons donc le temps de nous réunir autour d'une table pour
discuter de ce problème !
Je me permets à nouveau
d'insister, monsieur le président, car la situation est infernale ! Si la
séance des questions orales sans débat existe, c'est parce que nous avons, les
uns et les autres, jugé qu'elle était utile. Faisons en sorte d'obtenir les
bonnes réponses aux bonnes questions ou alors supprimons-la ! Je ne dis
pas cela contre vous, monsieur le secrétaire d'État, c'est une réflexion
d'ordre général.