Visite des réserves biologiques avec le CDAS
d'AVON
Compte-rendu
de Philippe Thomas-Derevoge
Samedi 27 mai une
quinzaine d'Avonnais et de Bellifontains ont répondu à l'invitation du CDAS
d'AVON pour découvrir la Réserve Biologique intégrale des hauteurs de
la Solle. Sous la conduite experte de Philippe Bruneau de Miré, chercheur
entomologiste, leur petite troupe a marché à la rencontre du Cetonisschema
aeruginosa, de l'Aegosoma scabricorne, du Zabre obèses
et autres insectes rares représentant la diversité biologique que ces
réserves protègent. Un peu frigorifiées par un printemps peu clément les
espèces dites "rares" qui daignèrent se montrer méritèrent
leur qualificatif, mais leur apparition n'en fut que plus appréciée. Et
surtout chacun a pu admirer l'extraordinaire diversité végétale qui s'épanouit
dans ces espaces forestiers où "la main de l'homme n'a plus le droit de
mettre le pied."
C'est l'occasion de
rappeler que nous devons leur création à la volonté des peintres de Barbizon et
de leur chef de file, Théodore Rousseau, soucieux de protéger le décor naturel
qui est la source de leur inspiration. Leur action aboutit, par un
décret du 13 avril 1861, à la création de la première Série artistique
officielle occupant une superficie de 1092 hectares. D'autres suivront et,
en 1904, un nouveau décret porte à 1692 hectares l'étendue des sous-bois ne
pouvant "être soumis à une exploitation régulière." Leur exemple est
étendu à d'autres de sites remarquables. Elles sont à l'origine de la
Protection de la Nature en France et dans le monde entier.
Aujourd'hui les Réserves
Biologiques intégrales, "ces portions de territoire forestier, boisé
ou non, où on laisse évoluer flore et faune sous la seule action du milieu
naturel, sans aucune intervention de l'homme", ne couvrent plus que 216
hectares. Il faut toutefois leur ajouter les Réserves dirigées et
celles dites "contrôlée" , où les interventions humaines
sont possibles mais ne doivent pas modifier les caractères du milieu naturel,
représentant respectivement 775 et 279 hectares. Mais avec un total de 1270 hectares
les espaces préservés de toute exploitation forestière sont en nette régression
par rapport à une époque, pas si lointaine pourtant, où "développement
durable", "protection de la bio-diversité" et
"écologie" n'étaient pas encore les tartes à la crème des discours
électoraux. Notre temps ne se singulariserait-il pas par "peu
d'actes mais beaucoup de paroles" et ne pourrait-on pas y voir une
raison du désintérêt de nos concitoyens pour le politique?