2000/02/21
S.O.S. Seine pour l’environnement
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Dix-neuf
associations de défense viennent de publier un catalogue édifiant d’atteintes
et menaces
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Du projet de carrière et d’une cimenterie géante,
jusqu’au mitage des berges boisées par des cabanons, la volonté est la même :
protéger la Seine et ses rives. Pour la première fois dix neuf associations
locales ont rassemblé leurs observations, critiques et propositions dans un
document unique. « Dans ce dossier de soixante pages, chaque association fait,
en toute indépendance, le point sur son secteur géographique. Avec des moyens
très modestes, ce travail d’un an se veut une contribution aux débats qui
s’ouvrent, un moyen d’alerter les pouvoirs publics. Il traduit l’inquiétude et
la volonté de chacune des associations », précise Juliette de Montalembert,
présidente de la Fédération des Associations du Sud Seine-et-Marnais pour la
protection de la Vallée de la Seine, fondée en 1977 et agréée depuis 1981
(siège au 9, allée de la Corniche 77310 Boissise-le-Roi).
Toutes ces associations militent pour trois mêmes
objectifs : reconsidérer et améliorer ce qui existe, protéger les sites
naturels encore intacts, et empêcher les dégradations irréversibles
programmées.
D’abord respecter les lois
Et la liste est édifiante, tout autant que la tâche
immense. En remontant le cours du fleuve on peut ainsi prendre quelques exemples
cités et critiqués par les associations : un programme immobilier sur les îles
de Seine-Port, les péniches logements trop nombreuses et polluantes en rive
gauche à Saint-Fargeau-Ponthierry, l’accumulation d’industries, les scooters
nautiques, le chemin de halage envahi de voiries, les berges envahies sans
droits par des cabanons branlants, un antique transfo EDF près de Boissise, des
terrains inondables remblayés à Samoreau, les abords du musées Mallarmé gachés
par une entreprise à Vulaines, le projet d’extension en cours d’un supermarché
à Chartrettes, un projet de golf et de 72 habitations à Livry, le site du port
de plaisance de Samois, et aussi des remblais et des camions sur les berges, la
station d’épuration périmée du district de Fontainebleau-Avon proche de
Valvins, ou encore le projet de carrière et de cimenterie à La Grande
-Paroisse.
Bien d’autres sites et observations sont citées
dans ce catalogue. Peu de choses peuvent échapper aux riverains de la vallée,
chacun dans leur coin. «Nous voulons avant tout que cessent les dérogations de
toutes sortes, que les pouvoirs publics, des mairies jusqu’à l’Etat, soient
plus vigilants et fassent appliquer les règles qui existent. Ce serait déjà un
énorme progrès», souligne la présidente. «Ici ou là nous savons que nous nous
attaquons souvent à fortes parties. Mais l’essentiel, c’est de vivre debout».
Une lisière de protection
«Il ne s’agit pas pour les associations de
s‘enfoncer dans le regret du passé, mais tout au contraire d’imaginer et de
tenter de réaliser l’avenir du fleuve», précise ce dossier. De cet avenir du
fleuve, les pouvoirs publics n’ont pas attendu les associations pour s’en
préoccuper. Chacun peut en apprécier le résultat, avec ses bons et ses mauvais
points. Et finalement, ce dossier arrive au bon moment pour être un nouvel
aiguillon auprès des autorités, alors que le S.I.E.P. de la région de Melun
(syndicat de 18 communes) confirmait lundi son projet de réaliser une étude
paysagère de la vallée de la Seine, et du rôle économique de la voie d’eau.
Cette étude confiée à l’Institut d’aménagement et d’urbanisme d’Ile de france,
devrait être menée, c’était la décision de ce lundi, en concertation, à
l’amont, avec le S.I.E.P. de Fontainebleau et celui de «Seine et Loing», et à
l’aval avec la commune de Nandy. Techniciens et riverains sauront-ils parler le
même langage ?
En conclusion de ce travail, les associations
préconisent par exemple des achats de sites par l’agences des espaces verts,
des créations de circuits piétonniers et cyclables, des protections absolues de
quelques sites à la végétation particulière, des réhabilitations d’espaces
abandonnés, le respect de l’architecture. En demandant aussi que l’on puisse
mettre en place une «lisière de protection du fleuve» comme cela existe déjà
pour la protection des forêt, du littoral ou des rives lacustres.
D. Barry