2001/09/24
Le SIEP est-il «incompétent» et «nuisible» ?
Le conseil municipal était appelé à se
prononcer sur une banale question administrative : est-il d’accord pour le
transfert du siège social du Siep d’Ury à Samoreau ? Gérard Feyte, adjoint au
maire, en a profité pour lancer un pavé dans la mare en remettant en question
l’utilité de ce syndicat. Florilège.
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Gérard Feyte. [sic] |
Beaucoup ignorent sans doute encore que « Siep »
signifie : « Syndicat intercommunal d’études et de programmation » et qu’il
s’attache en particulier à la révision du schéma directeur de Fontainebleau. A
la demande de la sous-préfecture, nos édiles devaient simplement se prononcer
sur le transfert du siège social de ce syndicat d’Ury à Samoreau, où il est
désormais présidé par le maire de cette dernière commune, Jean-Baptiste Morla.
Gérard Feyte, soutenu il est vrai par le maire lui-même, n’a pas redouté de
poser des questions qui dérangent et d’affirmer des certitudes qui n’ont pas
fini de soulever des polémiques.
Pour Gérard Feyte, chef de la délégation
bellifontaine au Siep, nul doute que cet organisme institué pour étudier ce
schéma directeur, se prolonge alors que son but a été atteint : « Une fois le
schéma approuvé, le Siep se prolonge avec les contentieux correspondants, et
cherche à se pérenniser aussi grâce à la loi Gayssot qui prévoit que le schéma
de cohérence territoriale ne sera valide qu’à condition d’être accompagné d’un
établissement public de coopération intercommunal chargé, en quelque sorte, de
veiller sur lui, chargé de son suivi. »
Grief principal : « Ce syndicat regroupe 31
communes, sans relation avec son objet. Ainsi, les communes riveraines de la
forêt de Fontainebleau comme Bourron-Marlotte, Montigny, Thomery, n’en font pas
partie ; tandis qu’inversement le canton de la Chapelle-la-Reine jusqu’à
Nanteau-Sur-Essonne, Buthiers ou Boulancourt, en font partie ! »
« Réelle incompétence »
Gérard Feyte ne mâche pas ses mots : « Il en
résulte une réelle incompétence, les communes de Fontainebleau et d’Avon
représentent la moitié de la population du total de la zone mais seulement 6
voix sur 64 au comité syndical, dont le bureau regroupe des élus de communes
périphériques comme Chartrettes ou Saint-Sauveur-sur-École. En cohérence
d’ailleurs avec le principe formulé lors de la séance d’installation du nouveau
bureau par quatre délégués ruraux que je cite : Le Schéma directeur d’urbanisme
de Fontainebleau Avon, c’est l’affaire des petites communes rurales. Aucune
voix ne s’est alors élevée contre. Au contraire, le maire de Vulaines a
renchéri en déclarant que, je cite toujours, « le principal problème du Schéma
directeur était celui des carrières de sable ». Dès lors, ce syndicat est au
mieux incompétent et au pire nuisible. Nuisible parce qu’il nous coûte au taux
de 1,01 F par habitant, 0,15 Euros, pour payer les indemnités du président et
les honoraires de l’avocat ! Fontainebleau et Avon sont obligés de le financer
à moitié sans aucune possibilité d’inflexion. Nuisible encore parce qu’il est
un écran. Le préfet a en effet pris l’habitude de réunir les 23 présidents du
Siep qui couvrent la Seine-et-Marne sur de nombreux sujets : urbanisme,
transport, plan d’accueil départemental des nomades. »
Hors du Siep ?
A charge pour ces présidents, explique Gérard
Feyte, d’informer les maires : « Ce qu’ils ne font pas ! ». Et d’enfoncer le
clou : « Nuisible, enfin, parce que son président recherche pour le syndicat de
nouvelles missions, confère l’ordre du jour de la prochaine réunion du 4
octobre où il sera tout aussi inadapté. »
Conclusion ? « Le vrai problème, c’est celui du
maintien ou de la sortie de Fontainebleau Avon de ce syndicat ! La municipalité
d’Avon pense comme nous. J’ai même appris que la précédente municipalité de
Fontainebleau faisait la même analyse. L’éventuel déplacement du siège du
syndicat d’Ury à Samoreau n’est donc qu’une péripétie qui nous est
indifférente. Dès lors, nous proposons de ne pas répondre à la question posée.
»
Catherine Delloye (liste « Maintenir le Bon Cap »)
a dit l’importance de pérenniser ce Siep mais avec des coûts moindres que ceux
annoncés par Gérard Feyte, et souligné que tout ce qui se trouvait dans le
document était intéressant. Le maire trouve l’analyse de son adjoint «
pertinente » et affirme que le maire d’Avon la partage entièrement, mais ajoute
: « Cela dit, se retirer du Siep poserait quelques problèmes car, comme l’a dit
Mme Delloye, cela nous a été imposé par le préfet. Évitons de rentrer en
conflit avec lui sur ce point. »
Conclusion de Jacques Nizart : « Nous ne nous
opposons pas au transfert, bien sûr, mais nous souhaitons qu’à l’avenir nos
intérêts soient mieux représentés. Je pense que là-dessus tout le monde sera d’accord
! »
J.M.T.B.