2002/02/11
Le jeu de l’oie des terrains militaires
Ne faisons pas l’autruche : il y a bel
et bien un « jeu de l’oie » des terrains militaires où il s’agit d’aller de la
case Héronnières à la case Faisanderie, au risque (peu probable toutefois) de retomber
dans la case Magenta ! Chacun se renvoyant la balle. Suivez le guide.
Jean-Michel Breittmayer
La République
Publié le 11 février 2002
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Un
comité de pilotage se tient régulièrement depuis qu’il est question des grandes
restructurations à Fontainebleau, notamment sur les terrains militaires. Le
ministère de la Défense voudrait affiner certains dossiers qui touchent à ces
90 hectares. On sait que le ministère des Affaires Sociales, quant à lui, a
suivi toutes les pistes afin d’installer sur ces terrains le Centre
d’hébergement pour réfugiés politiques, qui fait couler actuellement beaucoup
d’encre. Jacques Nizart aurait fait valoir qu’il aimerait bien être le premier
informé, en sa bonne ville, de ce qui s’échafaude en haut lieu, en quoi on peut
le comprendre et même l’approuver !
Didier Julia, lui, l’œil
fixé sur la ligne « bleue » (forcément !) des législatives, s’apprête à
recevoir vendredi prochain un représentant des ministères de la Jeunesse et des
Sports ainsi que de l’Éducation nationale, les présidents des comités
olympiques français.
Pression sur le maire
Explication du député : «
Pour régler l’avenir du cercle Magenta, le ministère de la Défense a pris
contact avec l’Insead, qui doit lui confirmer tout l’intérêt qu’il porte à ce
lieu, afin d’y réaliser le projet universitaire de l’Institut, en complément de
ce qui existe autour du boulevard de Constance. Reste le problème des
Héronnières et du Bréau. Les premières, classées en partie « Monument
historique » (ce qui a valu du préfet une note très défavorable pour y
installer le centre d’hébergement), ont été visitées par des représentants du
ministère des Affaires sociales. Quant au maire de Fontainebleau, il a fait,
lui aussi, connaître son opposition à ce projet. Seulement alors, il lui faut
au plus vite jeter les premières pierres de son projet d’université
d’entreprise, sinon il y aura affectation des Héronnières par le ministère des
Affaires sociales. »
Si l’on suit bien le
député Julia, la balle serait donc dans le camp de Jacques Nizart, ainsi invité
à « se déclarer pour un vrai projet », faute de quoi il serait tenu responsable
de la venue du centre d’hébergement, solution qu’il combat par ailleurs. Et
c’est là que le jeu de l’oie prend toute son ampleur, car c’est à qui perd
gagne, et à qui plumera l’autre !
Didier Julia affirme, par
ailleurs, qu’il se préoccupe d’aider à une solution pour l’occupation du camp
Guynemer, assurant que cela devrait se faire dans la ligne de ce qui avait été
envisagé avec Paul Dubrule. Il laisse entendre également que, malgré les
affirmations d’Alain Richard, ministre de la Défense, de faire partir l’EIS en
2003 à Brest, rien n’est encore définitivement joué, « et que tout serait
négociable ». Fait-il allusion à une situation qui pourrait être changée en cas
de victoire de la droite aux prochaines échéances électorales, présidentielles
et législatives ?
Barres de la Faisanderie
En tout cas, le maire de
Fontainebleau devrait être, en effet, le premier à dire son mot. Nul doute que
le député cherche à le faire sortir du bois pour « occuper », avant qu’ils ne
le soient par les réfugiés politiques, les terrains militaires qui restent
l’enjeu numéro un de cette partie de poker menteur et de jeu d’échecs.
On avait également parlé
du centre d’hébergement dans les immeubles de la Faisanderie, près du carrefour
de la Fourche. Commentaire de Didier Julia : « La gendarmerie demande de
conserver deux barres sur quatre. Une barre pourrait être abattue pour laisser
place à la gare routière que le maire appelle de ses vœux. Resterait donc une
barre. Si Jacques Nizart ne veut pas qu’elle risque d’aller au centre
d’hébergement, pourquoi ne l’affecte-t-il pas à l’Office d’HLM dont il est le
président ? »
Décidément, (voir nos derniers
numéros), beaucoup accentuent actuellement la pression sur le maire qui a
frappé du poing sur la table vendredi soir au conseil de la communauté de
communes en demandant (pour des « motifs » qu’on lira en page Avon) à son
vice-président, Jean-Pierre Le Poulain, « de ne plus se mêler des affaires de
Fontainebleau ».
Voilà qui promet pour les
mois et les années qui s’ouvrent ! Nous avons demandé à Jacques Nizart de faire
le point. Il répond : « Le projet de Magenta (Institut durable et Insead) est
pratiquement bouclé, et il est entièrement piloté par la mairie en liaison avec
le ministère de la Défense, propriétaire des lieux. Pour les Héronnières, au
conseil municipal de jeudi prochain 14 février, je demanderai à mes collègues
d’approuver une nouvelle étude de « Geris » sur la recherche de partenaires
pour une université d’entreprise. Le bilan sera fait au bout de six mois, délai
accordé à « Géris » pour trouver des partenaires, faute de quoi nous
renoncerons à l’université d’entreprise, et les Héronnières seront transformées
en logement, mais en conservant bien entendu en l’état les bâtiments protégés
par la législation. Quant à la Faisanderiie, il est exact que la gendarmerie
conserve deux barres, les deux autres devant être acquises par l’Opac, ancien
office d’HLM. Il existe un projet de démolition d’une des deux barres, simple
éventualité. »
J.M.T.B.