2002/11/18

Le débat sur l’avenir de la ville en hors d’œuvre d’un conseil décisif


Certes, le débat sur l’avenir des terrains militaires et, plus largement, sur celui de l’orientation à donner à Fontainebleau, n’a pu tout aborder. Il témoigne cependant de la nécessité d’une large concertation.

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La soirée débat sur l’avenir des terrains militaires, à l’initiative de l’association « Agir à Fontainebleau » a permis a beaucoup d’acteurs de la vie politique et économique de s’exprimer. Le président Valletoux a rappelé l’enjeu avant de donner la parole à qui voulait la prendre, et l’adjoint chargé des affaires culturelles et du patrimoine, Éric Legleye, a pu faire prévaloir le point de vue de la municipalité sur plusieurs points sensibles. Mais, au-delà de l’initiative de cet « Agir » qui peut laisser entendre que l’on n’agirait pas beaucoup dans les sphères du pouvoir majoritaire, ce que ce dernier conteste et entend prouver, et du nécessaire débat démocratique, beaucoup se jouera mercredi prochain 20 novembre autour de la table du conseil.

Pour résumer la position de Frédéric Valletoux, quelques rappels : « La fin de la conscription et les restructurations militaires ont entraîné le départ de 3.000 personnes. Un millier de familles étaient solidement implantées dans une ville à longue tradition de garnison. Ces terrains vides offrent à Fontainebleau une opportunité qui ne se renouvellera pas de sitôt. La décision de départ des militaires date des années 97-98. Depuis cette époque, l’on sait que l’ensemble des locaux sera disponible, hormis l’EIS. Dans les autres villes concernées, le principal des restructurations est déjà accompli. Pas chez nous. Le ministère de la Défense a un besoin urgent d’être au clair avant de répartir sa restructuration militaire. Il serait coupable d’attendre et que la ville ne fasse rien ! Notre cité a besoin d’un projet de développement global, compte tenu de l’importance des surfaces concernées. Nous attendons du maire qu’il ait une vision de ce que doit être Fontainebleau à l’horizon 2010 et 2015. Par exemple, faut-il pousser plus loin l’enseignement supérieur sur ces terrains ? Le pire serait d’attribuer les terrains au coup par coup, sans vision globale. Évitons le patchwork sans aucune cohérence. D’où la nécessité de porter le débat sur la place publique. »

Nous avons sélectionné un condensé des principales interventions. Jeudi, le conseil se prononcera sur le choix des aménageurs publics pour Magenta et les Héronnières. Des décisions capitales que nos concitoyens attendent avec intérêt.

J.M.T.BREITTMAYER

Christian Zimmerman

«Pour Lariboisière, le transfert des gendarmes venant de Damesme me paraît être une bonne solution. Car les gendarmes ne toucheront pas aux bâtiments, et il ne devrait pas y avoir le risque de voir surgir des barres d’immeubles qui dénatureraient le site».

Alexandre Boskowitz

«Aucun projet de ville n’est vraiment en cours. Le départ et le transfert des militaires auront des incidences dans bien des domaines. En ce qui concerne l’hôpital jouxtant le quartier Chataux, la décision n’est pas prise. On a parlé de construire un hôpital dans le quartier du Bréau. L’avantage d’un hôpital neuf est de pouvoir continuer de soigner les gens tout en faisant des travaux. Mais la ville n’est pas décisionnaire. Le protocole entre les hôpitaux de Nemours et de Fontainebleau n’est pas respecté. Même phénomène que pour les terrains militaires : comme il ne se passe rien, c’est l’État qui tranchera».

M. Anizon

«Traiter des projets pour tels terrains sans aborder préalablement le devenir de Boufflers, c’est un peu dommage ! Si j’ai bien compris, aucun projet n’est en cours pour Boufflers. Nous attendons un vrai projet global, cohérent, avec une vision pour l’avenir».

Philippe Schwab

«Vous n’avez pas fait allusion au comité de pilotage co-présidé à l’époque par l’ancien préfet et l’ancien maire. Il a fait du bon travail, avec de nombreuses études. Cela avait l’avantage de rassembler tous les acteurs concernés par les projets».

Francis de Barbeyrac

«L’EIS est un des deux fleurons du sport avec l’Insep. La professionnalisation de l’Armée a été un coup de poignard pour le B.J. en particulier, prestigieux bataillon dont je suis un ancien. A l’époque, Paul Dubrule a clamé assez maladroitement qu’il était un peu indifférent au départ des garnisons. Que voit-on ? Le B.J. ayant disparu de la scène, le sport civil se désintéresse de l’EIS. Le projet de départ pour Brest s’est effectué pour des raisons politiques, sous les socialistes. Heureusement, les élections ont eu lieu, nous nous sommes mobilisés. Mais on ne peut laisser ainsi 300 militaires sans budget ni mission claire. Il faut faire venir des investisseurs qui amèneront à la ville de la taxe professionnelle».

Éric Legleye

«Plusieurs précisions : le Conservatoire européen de musique de Chambre de ProQuartet est largement subventionné par la Ville, 150.000 F, rien que pour la phase de pré-mise en place. Fontainebleau sera à la musique de chambre ce que Bayreuth est à l’opéra. Quant à l’hôpital, un bâtiment neuf au Bréau est toujours pour nous d’actualité. Mais tout dépendra des choix de la direction régionale hospitalière qui poursuit son étude. Deux options, donc : soit l’extension de l’hôpital sur place, soit reconstruction sur 12 ou 14 hectares au Bréau. Pour Magenta, l’ancienne municipalité avait retenu le projet d’Institut de développement durable. Un autre projet de l’Insead n’a plus cours depuis que l’Institut a obtenu l’obtention d’autres terrains. Nous annoncerons les options possibles : des universités d’entreprises aux Héronnières, en fait des structures d’accueil de bureaux d’étude pour les professions libérales. Je rappelle que Paul Dubrule avait essayé de faire venir durant les neuf ans de son mandat des sièges sociaux des grandes entreprises et qu’il n’a pas réussi. Pour Magenta, nous songeons à un hôtel d’entreprises. Autres possibilités : un Musée du Cheval aux Héronnières».

Philippe Wolf

«Paul Dubrule voulait faire de Fontainebleau la capitale de l’environnement. Magenta avait été retenu pour le siège d’une université européenne de l’environnement où seraient formés tous les cadres et techniciens destinés à administrer les parcs nationaux et régionaux, notamment. Il est dommage que ce projet ne soit plus de saison. D’autre part, si j’applaudis au projet de ProQuartet, il ne faudrait pas que cela soit au détriment des Écoles d’Art Américaines qui ont aussi leur place au Quartier Henri IV et qui présentent chaque été un programme remarquable».

Jean-Marc Auvray

«Ancien secrétaire général du Musée national au château, je peux être rassurant sur l’accueil fait aux Écoles d’Art Américaines. Si le Quartier Henri IV a fermé ses portes, ce n’est pas pour mettre ces Écoles dehors mais parce qu’il y avait de réelles menaces sur les bâtiments dégradés (décrochage des poutres en particulier). ProQuartet, qui occupera en permanence le quartier Henri IV rénové, s’est engagé à accueillir chaque année les Écoles d’Art Américaines durant son mois d’activité en été».