2003/07/21

Horizon 2007 : l’hôpital sera reconstruit au Bréau


C’est officiel : avec Melun au nord, Fontainebleau se voyait choisie par l’Agence régionale d’hospitalisation pour la reconstruction de son futur hôpital. Ce sera bien au Bréau.

Le projet de reconstruction de l’hôpital de Fontainebleau vient d’être retenu, dans le cadre du plan d’investissement « Hôpital 2007 » (Plan Mattei de soutien à l’investissement hospitalier).

La décision de l’ARH d’Ile-de-France met ainsi fin à un long suspense et, espérons-le, à quelques tensions, même si le choix de la cité de François Ier comme grand point de ralliement pour le Sud seine-et-marnais apparaissait logique à beaucoup.

Jacques Nizart nous a reçu vendredi matin, en compagnie de son adjoint aux affaires sociales le docteur Crespin, et d’Éric Bulle, directeur du Centre hospitalier de Fontainebleau, pour tirer les enseignements d’une vraie bonne nouvelle et pour en préciser les conditions d’application et de réalisation, ainsi que les conséquences pour la restructuration d’ensemble de la ville.

Le maire ne l’a jamais caché : il entend faire du Bréau, de l’autre côté du canal, un lieu économiquement vivant, une vitrine aussi de toutes les facettes si variées de Fontainebleau, recomposer les structures sociales en les diversifiant harmonieusement.

Les Héronnières devraient être l’avant-garde de cette vitrine prestigieuse, et le futur hôpital la réalité et le symbole de cette restructuration.

Pour Éric Bulle, qui s’est battu avec ferveur afin d’obtenir un nouvel hôpital, la décision s’imposait d’autant que dans les plus ou moins vieilles structures d’un centre hospitalier datant, pour ses plus anciennes composantes, de plus d’un siècle, la vie devenait difficile : « L’activité en court séjour a augmenté de 50 % en 16 ans. Même les locaux les moins anciens, comme ceux de la Mère et de l’Enfant, étaient devenus trop exigus pour remplir parfaitement leur mission. Quant au bâtiment Philardeau, datant de 1901, ou celui du Docteur Matry, bâti en 1934, ils ne sont plus aux normes en terme de confort pour les patients. Ils offrent un trop faible nombre de chambres individuelles, et le personnel est à l’étroit. Or, leur site actuel ne permet pas des extensions ou aménagements majeurs, devenus indispensables. »

 

Un choix rationnel

Or, comme le souligne justement le maire, la question fondamentale était : « Faut-il un nouvel hôpital ? Et, si oui, où le mettre ? »

Il est apparu bien vite qu’étendre les anciennes structures (dans un périmètre limité) reviendrait plus cher et serait moins pratique : imagine-t-on un chantier de plusieurs années tandis que les services resteraient opérationnels, et au prix de quelles « acrobaties » ?

Jacques Nizart insiste sur la logique du rapprochement avec Nemours dans le cadre de la politique générale hospitalière en France, Éric Bulle ajoutant : « L’idée de créer radicalement une nouvelle structure date de 2001 dans cette démarche de fusion des services entre les deux villes du sud, le principe du regroupement sur un seul site des activités de chirurgie et d’anesthésie étant imposé depuis cette date par l’Agence».

Le docteur Marc Crespin, qui dirigea longtemps le service des Urgences et pour qui l’importance d’un nœud routier - hélas si accidentogène à Fontainebleau - ainsi que le prestige touristique et culturel sont deux raisons majeures de ce regroupement, se réjouit particulièrement des nouvelles donnes : « Notre cité, des plus attractives, est centrale par rapport au reste de la carte hospitalière et notre notoriété internationale nous interdit d’être au-dessous de la norme ».

Pour Éric Bulle : « Fontainebleau ne l’emporte pas sur Nemours, mais une logique de regroupement s’imposait et donc l’impérieuse nécessité d’un projet commun ».

Au-delà des craintes et des résistances de certains, la solution choisie d’implanter le futur hôpital non dans le centre de Fontainebleau mais à proximité d’une nationale et d’un carrefour menant notamment à Nemours, relie là encore la symbolique et l’aspect pratique. Certes, l’on peut comprendre que Nemours regrette de perdre la plénitude de ses compétences médicales, mais Éric Bulle souligne que les portes restent ouvertes pour négocier.

Il resterait sur le site actuel de Fontainebleau le long séjour, la cuisine centrale, les bâtiments à caractère historiques où pourraient s’installer l’école d’infirmières.

Seraient alors vendus les 5 hectares restants (sur 7 hectares et demi au total). Alors que le projet du Bréau pourra recevoir des installations ultra modernes sur dix hectares.

 

Seul terrain disponible

Jacques Nizart fait valoir que les terrains du Bréau s’imposent par les faits et par leur situation : « C’est le seul terrain disponible. Avec Lariboisière et Bigot d’Engente, le maintien de l’EIS, celui, je l’espère, des Archives, les conventions d’aménagement de Magenta et des Héronnières qui se précisent après les études menées, les terrains militaires seront tous bien occupés.

Sur le terrain restant qui fait 17 hectares, l’hôpital en prendra donc une dizaine, mais il en restera cinq ou six pour des logements et des bureaux. Il s’agira d’un tout harmonieux et conséquent. »

Le regroupement imposé à la base de ce projet de reconstruction vise la chirurgie, mais la psychiatrie et la médecine pourraient rester à Nemours.

Alors, facile d’accès (le docteur Crespin : « On viendra au nouvel hôpital de Saint-Pierre-lès-Nemours plus aisément qu’à Nemours aux heures de grande saturation ! ») le Bréau semble bien être, avec sa mixité sociale, le symbole même d’un remodelage qui s’imposait : celui de Fontainebleau au XXIe siècle !

 

J.M.T.BREITTMAYER