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Contournement de Melun : l’autoroute dont personne ne
voulait
L'agglomération
melunaise compte actuellement 115.000 habitants. Elle souhaite se développer
pour atteindre 150.000 habitants. La circulation rencontre quelques points
noirs aux seules heures de pointe. Pour tenter d'y apporter remède, le préfet
et les élus se sont mis d'accord - sans concertation avec les conseils
municipaux, le public et les associations - sur un dossier de voirie
d'agglomération (DVA) créant un projet de contournement qui reprend le tracé et
les caractéristiques de l'autoroute C5 dont personne ne voulait.
Ce
projet porterait des atteintes irréversibles à l'environnement en raison de la
traversée des massifs forestiers de Fontainebleau et de Bréviande, de la
destruction de sites sur les vallées de la Seine et de l'Ecole, de l'atteinte
au parc naturel du Gâtinais. Son analyse détaillée amène aussi à constater que
les problèmes ne sont pas résolus. Au mieux, ils sont déplacés. Au pire, ils
sont amplifiés ! C'est le résultat du fameux "effet aspirateur" des
nouvelles grandes voiries. Estimée à 470 millions d'euros, cette "fuite en
avant" organise des gâchis financier et environnementaux que les
orientations actuelles du développement durable dénoncent.
En
s'appuyant essentiellement sur les données de la circulation aux heures de
pointe, le DVA laisse imaginer des difficultés permanentes de circulation. Et
pourtant la circulation est fluide aux heures creuses. Il n'y a donc pas
congestion du système. Il y a des points noirs : ce sont des zones identifiées
qu'il faut traiter par des aménagements fonctionnels.
En
juin 1999, les élus avaient voté un Plan de déplacements urbains (PDU) qui
comportait les mesures adaptées (réalisations de ponts urbains, réalisations de
gares-bis à Dammarie-les-Lys et à Livry-sur-Seine, trains directs Le Mée -
Paris, amélioration des transports en commun). Depuis 6 ans, aucune des
mesuress votées à l'unanimité n'a été réalisée. La DDE, elle-même, note que les
réflexions ont abouti à proposer d'autres solutions que le projet d'autoroute
C5 pour satisfaire les déplacements actuels et futurs.
Temps perdu, argent gaspillé
Alors
qu'aucune des mesures prioritaires n'a été réalisée, on ignore les études
antérieures, on dramatise la situation pour finalement proposer un projet quasi
identique à C5 !
Outre
le fait que les études coûteuses succèdent aux études coûteuses en s'ignorant
parfois, le DVA contribue à faire abandonner des réalisations adaptées en les
remplaçant par un projet unique lourd, coûteux et inefficace. Le souci que nous
avons de l'environnement et des deniers publics nous amène à exiger le meilleur
rapport besoin/coût/efficacité.
L'analyse
fine du DVA montre que la voirie nouvelle projetée génère 6.000 véhicules aux
heures de pointe. C'est le fameux phénomène de "l'aspirateur à
voitures" bien connu des spécialistes. A l'exception de deux secteurs
périphériques mineurs, le trafic serait augmenté dans les différents ensembles
urbains de l'agglomération. La circulation dans les centre-villes ne serait pas
améliorée. Dépenser 470 millions d'euros pour un tel résultat est inacceptable.
Détruire irrémédiablement des forêts et des paysages pour un tel prix et un tel
résultat défie le bon sens !
Nous
sommes opposés à cette fuite en avant inutile et coûteuse. Nous sommes opposés
à la création d'une route à 2x2 voies à travers le massif forestier de
Bréviande, les vallées de la Seine et de l'Ecole et le Parc naturel du
Gâtinais. Non seulement, ce serait des nuisances nouvelles, mais celles qu'on
devrait résoudre continueraient, se déplaceraient ou s'amplifieraient. Au delà
des mesures du PDU local votées en 1999, notre association a déjà proposé une
première série de mesures alternatives. Nous continuerons en ce sens pour
obliger à une véritable concertation qui n'a toujours pas commencé à ce jour.
Jacques Machard, Président,
Union des associations pour l'Amélioration et la Vigilance
concernant l'Environnement et la Circulation
dans l'agglomération melunaise, AVEC,
1 rue d'Ormesson,
77240 Vert-Saint-Denis.
Courriel : jacques.machard@wanadoo.fr