J.F. Robinet pour un débat entre acteurs et décideurs de l’avenir

Le conseiller général et régional s’explique sur les terrains militaires et sur l’avenir de Fontainebleau. Apparemment, le débat de l’autre semaine n’aurait pas suffi.


Jean-Michel Breittmayer

La République
Publié le  25 novembre 2002

On sait que Jean-François Robinet, qui menait la liste « Vivre pleinement à Fontainebleau », a choisi de ne pas siéger au conseil municipal pour garder ses deux mandats de conseiller général et régional. On sait moins, hiérarchiquement, qui est le véritable chef de file, dès lors, de cette liste, entre Alexandre Boskovitz, économe en propos, et Frédéric Valletoux, plutôt prolixe et omniprésent. Mais il est permis de s’étonner des dissensions entre M. Robinet et ses anciens colistiers ! En effet, bien qu’il était invité, nous assure-t-on, à la réunion de l’autre soir sur les terrains militaires, réunion organisée par « Agir » et que préside Frédéric Valletoux, le double conseiller s’est formalisé de n’avoir pas été convié « en tant qu’élu et partenaire de la Ville de Fontainebleau », membre, en outre, du « comité de réflexion sur les restructurations militaires ».

Et il n’est pas tendre pour ce débat : « Le thème me paraît éminemment intéressant et important. A condition, toutefois, que participent au débat les acteurs responsables et les décideurs afin d’apporter les réponses. » En d’autres termes, le fait de sonder l’opinion publique de cette manière lui paraît insuffisant. D’autant, ajoute-t-il, qu’il est important de rappeler que ces terrains n’appartiennent pas à la Ville : « Le fait de débatte de leur avenir, sans les partenaires, risque de laisser croire à l’opinion que son avis est déterminant. »

Vaste consultation ?

Pour Jean-François Robinet, « une vaste consultation de la population serait intéressante si elle émanait d’un consensus desdits partenaires : Défense, Ville, FTRP ou autre organisme semi-public d’équipement en charge d’un projet ». Estimant que « les projets de l’ex-municipalité n’étaient pas viables » et que l’Institut de Développement durable « n’est qu’à l’état de fœtus », il trouve le projet de Magenta « bien avancé avec l’actuelle équipe même s’il n’y a pas de véritable consensus au sein de celle-ci. » Ajoutant : « Il n’est pas sérieux de dire que les uns veulent le confier à l’Opac et d’autres à un tandem composé de la société d’économie mixte de Seine-et-Marne, émanation du conseil général, avec un promoteur. » Pour lui, les deux projets, ou d’autres, doivent être mis en concurrence par la municipalité : « C’est logique et légal. »

Jean-François Robinet voit en fait deux cas d’école pour cet ensemble de terrains : « Ou bien la MRAI (service des Armées en charge de l’immobilier) adhère à un projet global présenté par le comité de suivi et la Ville, l’État cédant alors l’ensemble à la Ville, à l’amiable et à un prix établi selon la destinée des lieux, et c’est le principe irrévocable ; ou bien la MRAI met ses terrains et bâtiments sur le marché et les vend au plus offrant. »

Solution intermédiaire

Mais il existerait, aux yeux de J.-F. Robinet une solution intermédiaire : « La MRAI accepterait de scinder les opérations. Aujourd’hui elle est d’accord pour céder, à part, Magenta. C’est le projet débattu l’autre soir au conseil (voir par ailleurs) ». Et de réclamer « un débat sérieux entre décideurs dont les conseillers municipaux doivent tous faire partie. » Un sujet grave avec une projection sur un temps relativement lointain : « La fin des aménagements ne peut être envisagée avant dix ans, au moins. Entre temps, il convient, et c’est sans doute le plus urgent pour notre ville, de prévoir les conséquences du développement : cantines, garderies, loisirs pour les Bellifontains actuels et à venir. Et il y a un manque crucial d’équipements pour la population actuelle ! »

Autres arguments : « Le projet doit être établi globalement et phasé, moderne, avec un modernisme qui doit profiter non seulement à toute la ville mais aussi au Sud Seine-et-Marnais dont elle est le point central. Des organismes ont travaillé sur le sujet et y travaillent encore. Avec eux, avec les décideurs, le vrai débat doit avoir lieu, sans passion ni démagogie. »

Enfin, sur le projet d’hôpital moderne « Fontainebleau-Nemours » au Bréau (dans le cadre de la fusion), J.-F. Robinet s’interroge : « Il serait intéressant de savoir si les Bellifontains sont favorables à un hôpital moderne qui serait construit en 7 ans ou s’ils préfèrent une rénovation et un agrandissement de l’actuel, sur le quartier Chataux. Les travaux dureraient alors 12 ans et le coût serait le même. C’est une question que le maire, président du conseil d’administration de l’hôpital, aurait déjà dû poser au conseil municipal pour faire avancer les choses auprès de la Direction générale hospitalière. »

Quant aux barres de la Faisanderie, « le Conseil général, la région et le syndicat des transports attendent la position de la municipalité et ils sont prêts à intervenir financièrement pour aménager la circulation et le parking, et sécuriser les abords du lycée et du collège. »

J.M.T.B.